Esprit Riche

 


La structure prend le pas sur toutes les approches. La communication, dans la période postmoderne, ne veut pas dire échange et discussion en raison, mais présentation et diffusion de masse sous le meilleur angle possible.


Ce paradigme paradoxal est une tentative de cohérence pour rendre compte des incohérences de notre environnement contemporain. Nous postulons que nous sommes dans une crise de civilisation très profonde. Daglind Sonolet considère cet auteur comme un phénoménologue de la technique. Au contraire, ce génocide a bien eu lieu dans la continuité de notre civilisation moderne.

Le totalitarisme est né au sein de la civilisation elle-même, il en est le fils. La mort industrielle a démontré son efficacité dans les camps nazis, par les bombardements de Dresde, par les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki. La parole des victimes de la Shoah est toujours vivante heureusement, mais celle des habitants de Dresde, de Hiroshima et de Nagasaki a été étouffée.

Pour nous, la postmodernité est un autre nom de la crise de civilisation ouverte par la Shoah. Les drames humains ont continué et la liste est longue. Le marxisme autoritaire a échoué, lui aussi. Assumer ce leg nous amène à vivre une sorte de deuil théorique. La prise en compte des débats antérieurs revient à avancer au travers de réseaux conceptuels multiples.

Pourtant, il est difficile de dater le passage de la modernité à la postmodernité. Pour beaucoup de gens, la modernité continue encore à fonctionner. La définition a un aspect négatif qui montre les oppositions entre la période moderne et la postmodernité. La postmodernité est un concept relatif et relationnel. Pour la modernité, il existe un sujet conscient, rationnel, autonome, et universel.

Un sujet qui est cohérent, connaissable et stable. Les philosophes du soupçon ont amorcé la critique. Nous commencerons avec Nietzsche. Nietzsche refuse la philosophie du sujet: Il ne croit pas au moi: En ce sens, il est un précurseur de la postmodernité.

Il définit les limites de la raison pure. La métaphysique, qui fait de Dieu un objet, est une illusion. Ce sont des exigences rationnelles pour la morale. Nietzsche va plus loin, il annonce la mort de Dieu. Il affirme la puissance de vie contre la métaphysique et la morale religieuse, morale et religion défendues par Kant, notamment. Cette morale religieuse doit être compatible avec les normes de la raison, mais une fois cette limite admise, la morale religieuse est légitime et valide pour Kant.

Nietzsche pense que toute morale est au service des intérêts subjectifs et des motivations extra morales. La morale est au service de ceux qui la professent. Nietzsche attribue la morale du faible au ressentiment. Ce ressentiment est celui des faibles. Le sujet nietzschéen se confronte à deux philosophies différentes. Il nous parle de la généalogie de la morale, il nous incite à vivre et à penser par-delà le bien et le mal.

Il attaque la conscience servile de ceux qui vivent en troupeau. Cette voie promet une plus-value narcissique et du sens là où le ciel est vide. Marx sera, lui aussi, très critique vis-à-vis du sujet moderne. Un se divise en deux: Idéologie, qui est une mystification, une fausse conscience au service de la domination capitaliste.

De classe en soi, le prolétariat doit devenir classe pour soi. Le sujet des philosophes modernes est le sujet de la bourgeoisie, la classe qui capte la plus-value issue du travail non payé des ouvriers.

Pour Marx, la notion de sujet doit être indexée à celle du mode de production. La marchandise contient un rapport social, un rapport entre les hommes. Pour trouver une analogie à ce phénomène, il faut la chercher dans la région nuageuse du monde religieux. Le sujet est un sujet de classe. Il est important de savoir comment est organisée la vie sociale pour comprendre la situation humaine. Politiquement le marxisme a échoué. La troisième critique du sujet moderne viendra de Freud et de la psychanalyse.

On savait que certains phénomènes échappaient à la conscience. De surcroît, Freud attribue une origine sexuelle aux troubles du sujet. Il développe une théorie de la sexualité infantile. Il interprète nos rêves comme les développements de nos désirs. Freud développe une théorie de la culture et du malaise dans la civilisation.

Pour fonctionner, la collectivité humaine doit limiter les désirs de ses membres. La limitation de jouissance est une nécessité collective. Dans la postmodernité, les données du problème semblent avoir changé. Nous devons noter que la psychanalyse est une théorie du sujet, mais aussi une pratique clinique.

Ces trois approches critiques sont indexées à une pratique, une praxis aurait dit Marx. La suite de notre propos impose une remarque de méthode au sujet de Wittgenstein et de Lévi-Strauss. Le tournant linguistique et le structuralisme sont des théories charnières.

Ceci est un aspect du paradigme paradoxal lié à la postmodernité. Nous reviendrons ultérieurement sur les autres approches strictement postmodernes. Ce thème est une des composantes principales de la postmodernité. Un des principes fondateurs du mouvement postmoderne est basé sur la déconstruction et la relativisation. Selon cette conception, la vérité est toujours relative aux différentes positions et aux schémas intellectuels préexistants.

La critique du sujet moderne sera donc également développée par le courant structuraliste. Le structuralisme dissocie énoncé et énonciation. La critique structuraliste conteste tout empire du sujet, sous sa forme rationnelle ou transcendantale, cartésienne ou phénoménologique, en lui substituant le primat du langage.

Cette nouvelle conception du langage a favorisé une nouvelle conception du sujet, désormais pensé comme assujetti au langage ou à la structure. Ce courant de pensée est issu de la linguistique de Saussure.

Cet ensemble est nommé structure. Le structuralisme est une position en sciences humaines, qui évacue les contenus subjectifs, les significations, que les humains attribuent aux événements, pour arriver à une description objective des structures.

En linguistique, par exemple, le sens ne se définit pas par le rapport entre le mot et la chose, mais dans la relation dans un système de signes, à la fois comme contenu: Selon le structuralisme, il existe une objectivité et une structure des mythes.

Les approches structuralistes sont différentes selon les domaines et les auteurs. La structure prend le pas sur toutes les approches. De ce point de vue, les processus sociaux se déploient dans le cadre de structures fondamentales qui, très souvent, restent inconscientes pour les humains.

Une autre approche tend à disqualifier le sujet: Cet aspect de la philosophie est donc centré sur la question des règles en répudiant toute approche faisant appel au sujet. Voici un extrait de ses positions: La distinction philosophique entre justification et vérité ne me semble pas avoir de conséquences pratiques.

La notion de convention revient sur le devant de la scène philosophique. On peut considérer que tout est ramené sous la coupe des sciences du langage. Le tournant linguistique promeut le langage comme instance objective, il maintient la psychologie à distance de la logique, la subjectivité loin du logique. La langue est vue comme un système. La terminologie relève de fait des sciences du langage.

Le sujet de la modernité se connaît lui-même et connaît le monde au travers de la raison. Le savoir produit par la science est considéré comme la vérité.

Les hommes et la société sont perfectibles. Les institutions humaines et les pratiques peuvent être analysées par la raison et être améliorées. La raison est le juge ultime du vrai, elle permet de savoir ce qui est juste, ce qui est bon et par voie de conséquence ce qui est légal, légitime et moral. La liberté consiste à obéir aux lois, qui sont conformes aux savoirs découverts par la raison.

La science est donc le paradigme de toutes les formes de savoir. La science est neutre et objective. De ce point de vue, le langage est transparent, il représente le monde. Une des caractéristiques centrales de la modernité est bien la référence à la raison. La raison est vue comme une totalité transcendante. La modernité trouve sa spécificité et sa légitimité dans cette autoaffirmation de la raison. La modernité apparaît dans ses principes comme un mélange articulant de façon harmonieuse la raison critique, la valorisation du sujet rationnel, la mise en avant de sa liberté et sa responsabilité.

Le souci du progrès social est lié à deux facteurs: Fondée sur la raison, la modernité veut établir des mécanismes de contrôle afin que le sensible ou la violence ne gouverne pas les actions humaines. Elle valorise les pouvoirs de notre raison. Autrement dit, la vérité ne correspond plus ni à une révélation divine ou mystique, ni à une croyance très ancienne. Le concept de modernité philosophique désigne cette manière de penser ainsi que la hiérarchie de valeur qui en découle. Descartes avait fixé le programme: Il a une posture typique des intellectuels postmodernes.

Le philosophe moderne était un intellectuel législateur. Il parle même de décadence des intellectuels sur ce point. Selon les variations de ce baromètre, les discours politiques évoluent. La notion de communication est corollaire de cet aspect de la postmodernité. La communication, dans la période postmoderne, ne veut pas dire échange et discussion en raison, mais présentation et diffusion de masse sous le meilleur angle possible.

Sans être excessif, il est possible de considérer cette communication comme une variante de la publicité. Mais, nous ne sommes pas revenus à une période antérieure à la modernité. Dans le contexte postmoderne, la notion de démocratie ne fait pas débat. Personne ne semble vouloir revenir en arrière. La nature du pouvoir a changé et la démocratie avec. Les analyses liées à la postmodernité se consacrent à la compréhension du pouvoir, à son fonctionnement, ses relais.

Les questions se sont déplacées pour aller au-delà de la forme autoritaire ou non des institutions politiques. Par exemple, Michel Foucault intitule un de ses livres Surveiller et punir. Sa généalogie le conduit à étudier le dispositif du panoptique de Bentham. Derrière la façade démocratique, Foucault met en évidence la surveillance. Le pouvoir devient un système relationnel. Bentham était un moderne, un utilitariste, qui visait le bonheur du plus grand nombre.

La raison est partagée par tous les êtres humains. Il faut alors préciser pourquoi nous refusons le relativisme et nous défendons la relativité. La première forme très connue du relativisme a été celle des sophistes grecs, qui ont mis en évidence la relativité des coutumes et des lois ainsi que leur aspect conventionnel.

Il utilise la certitude pour nier toute possibilité de certitude. La relativité, quant à elle, admet que le relatif existe. Le combat contre le relativisme a surtout été mené historiquement au nom de la transcendance de la vérité. Le relativisme postmoderne est encore une fois un relativisme ethnocentré et socialement marqué. Il y a donc eu un renversement dans la justification de la hiérarchie, nous sommes passés de la nature à la culture, de la métaphysique au relativisme postmoderne.

Le débat sur le relativisme a, entre autres, des incidences pour la philosophie politique. Ce sont la science et la technique, qui sont la base du progrès.

Dans le cadre de la postmodernité, le concept de technoscience est plus pertinent, la recherche est orientée vers le développement technique. Il est devenu difficile de séparer les deux domaines. Un des modèles postmodernes est celui des ordinateurs et du réseau. Il est appréhendé comme un ensemble computationnel et connexionniste. Une des sources de ce modèle est la cybernétique. Notre monde est intégralement constitué de systèmes, vivants ou non-vivants, imbriqués et en interaction.

Nous sommes à la fois dans la continuité du projet moderne et dans des modélisations, qui ont rompu avec le mécanisme de la modernité. La complexité des phénomènes étudiés impose de nouvelles hypothèses. Le modèle connexionniste est aussi une façon de voir et de développer les liens entre les humains. Elle renvoie à la métaphore dionysiaque de la confusion: Les influences fonctionnent dans tous les sens. La philosophie politique utilise la notion de biopolitique pour analyser cette politique qui prend la vie, toute la vie.

Dès la première phrase, il annonce: Cet événement est symboliquement important. Près de cinq cent mille mètres carrés de logements sociaux avaient été construits pour loger des Américains pauvres. Il était constitué de 33 immeubles de onze étages et comportait logements. Le postmodernisme en architecture ne veut plus appliquer les principes de Le Corbusier ou du Bauhaus. Ce courant esthétique a le goût des citations. Celui-ci assume son postmodernisme.

Ces premiers pas, revendiqués et assumés ouvertement par le postmodernisme, ne se reconnaissent plus dans les avant-gardes. Le mouvement des avant-gardes se présentait toujours comme le dernier moment du progrès ou le nec plus ultra de la critique. La notion de représentation est en crise, ce constat ne fait plus débat.

La culture de masse accepte le kitsch. Dans la postmodernité, les productions culturelles descendent vers le public. Le patchwork et la mosaïque sont devenus des formes banales. Jean-François Lyotard parle du postmoderne comme du degré zéro de la culture générale contemporaine: Selon cette approche, la postmodernité est liée à la société postindustrielle.

La postmodernité est le résultat de la modernité: Ce qui conduit à analyser le postmodernisme comme une expression artistique du capitalisme tardif. La culture et le savoir sont des marchandises banalisées.

Alex Allinicos dans son article Postmodernisme: Le premier stade du capitalisme classique, compétitif, avait comme contrepartie culturelle le réalisme des grands romanciers du dix-neuvième siècle comme Balzac, Dickens et Tolstoï.

La deuxième phase, le capitalisme monopoliste, a donné naissance au mouvement moderniste du début du vingtième siècle — Picasso, Joyce et Le Corbusier. Cette analyse est assez pessimiste, mais elle nous semble lucide sur notre situation où la marchandise et le spectacle prennent toute la vie. La crise de civilisation, qui est notre présupposé de départ, est bien celle du développement du capitalisme contemporain. La question a été ouvertement posée par Lyotard en Le mot est en usage sur le continent américain, sous la plume de sociologues et de critiques.

Pourtant, son ouvrage est bien un livre de philosophie. Il obtiendra le premier prix pour son Discours sur les sciences et les arts. Ce texte est structuré de façon classique: Le rôle de la science et le développement des techniques sont importants dans cette transformation.

Le changement technologique a une influence importante sur la recherche et la transmission des connaissances. Le lien entre le savoir et le pouvoir est central dans la nouvelle époque: Le lien entre le savoir et le pouvoir on le trouve également chez Michel Foucault. Pour Lyotard, la question de la légitimation du savoir se pose. La modernité technique est déconnectée du progrès social. Lyotard constate que les règles de vérité dans la science sont immanentes au jeu scientifique lui-même.

La validation, la légitimation sont appuyées sur le récit humaniste des Lumières. Il prend acte de la fin des théories messianiques exprimées dans le discours émancipateur de la classe ouvrière ou dans la philosophie des Lumières.

Lyotard met en cause les récits qui fondaient et légitimaient la modernité. Il insiste sur la différence entre la modernité et la postmodernité. Il écrit son livre à un moment où il a rejeté le marxisme et la psychanalyse.

Il argumente en étudiant les transformations du capitalisme: Sa philosophie est une mise en évidence des implicites de la modernité. Le développement de la science change de base avec les mutations du capitalisme. Les questions de Lyotard sont un plaidoyer pour un humanisme reconstruit. La postmodernité est une nouvelle époque du capitalisme, et ce capitalisme est inhumain.

La marchandisation lui paraît un horizon mental très prégnant. Il est un des premiers à mettre en évidence les présupposés du capitalisme postmoderne: La démarche de Lyotard a un côté paradoxal. Son point de vue et ses arguments sont critiques, mais en même temps, il fait exister la postmodernité en la nommant. Sa parole a eu un aspect performatif. Son nom est devenu comme une borne qui signale un avant et un après. Il est possible de résumer cette approche et ce qui en sera retenu ainsi: Très souvent, la postmodernité est associée à la relativisation ou est synonyme de relativisme.

Les analyses de Lyotard ont contribué à cette définition. Sa posture était à la fois critique et participante. Le philosophe est descendu de sa chaire, il est à la fois théoricien et praticien de la postmodernité.

Nous pouvons y déceler une réminiscence de la praxis marxiste. Il refusait le structuralisme, mais la déconstruction a été souvent comprise comme utilisant la recherche des significations obtenues en décomposant la structure du langage. Les concepts sont créés par leur façon de différer. Il refuse la notion de transcendance et celle de vérité première. Il veut aller au-delà des articulations binaires: Il nous indique également la base sur laquelle va se développer ce contre-sens: Ce terme sera repris par Luce Iragaray qui va théoriser un différentialisme féministe.

Nous nous trouvons donc avec deux approches: Jacques Derrida avait déjà essayé de préciser sa pensée en presque dix ans auparavant: Elle ne peut pas être une discipline ou une méthode. Bien entendu, il peut y avoir des régularités dans les manières de poser un certain type de questions de style déconstructif. De ce point de vue, je crois que cela peut donner lieu à enseignement, cela peut avoir des effets de discipline, etc. Pourtant, malgré les protestations de Derrida, la déconstruction est devenue une attitude méthodologique.

Mais ce relativisme a aussi ouvert la porte à toutes les dérives. Maintenant, nous rencontrons la déconstruction partout. Le contre-sens incorrigible dénoncé par Derrida, créateur du concept, est massif dans la postmodernité.

Derrida a gagné et perdu en même temps, ce qui est typiquement postmoderne. La déconstruction a été adoptée par la société, mais entre-temps elle a changé de sens. La fragmentation sociale qui en résulte est une caractéristique de notre période postmoderne. Il échappe en partie au modèle de Bauman, qui décrit les théoriciens modernes comme des législateurs et les postmodernes comme des interprètes.

Derrida a bien été un interprète, il travaillait sur le texte. Cette prise de position est une critique politique et non un accompagnement de ce qui apparaît.

Ce concept, dans son contenu, ressemble à celui de paradigme employé par Thomas Kuhn. Pour Foucault il existe un lien entre la construction du savoir et le pouvoir. Son étude a un aspect généalogique, le lien avec Nietzsche est assumé. Il définit le pouvoir comme une relation. Dans son livre Surveiller et punir, paru en , il étudie le pouvoir comme un dispositif, un agencement. Ce dispositif permet de voir sans être vu. Il montre également que nous sommes passés du contrôle des corps au contrôle des esprits.

La surveillance des comportements: Quatre investissements du corps par le pouvoir sont décrits dans Surveiller et punir: Le contremaître, le surveillant de prison exercent du pouvoir. Sa philosophie ne peut pas se séparer de la vie. La réponse philosophique ne peut être séparée des choix de vie pour Foucault.

Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. Et ils ont rencontré là des problèmes qui étaient spécifiques, non universels, différents souvent de ceux du prolétariat ou des masses. La question de savoir si Foucault a été postmoderne reste en suspens. Sa philosophie a déplacé les analyses sur le pouvoir. Il a cherché à montrer que chaque époque produisait un discours dominant et cohérent.

Cet ordre du discours énonce la vérité sur le monde et impose ses normes. Sa conception du pouvoir comme relation et comme dispositif est devenue un lieu commun au sein des sciences humaines.

Il a commencé par critiquer les abus du sociologisme et du psychologisme. On peut dire que les idées novatrices de Foucault font maintenant partie de la boîte à outils critique postmoderne: Toni Negri, par exemple, cite Foucault comme une référence majeure: Michel Foucault, comme Jacques Derrida, est maintenant un auteur postmoderne.

La vulgarisation et la dissémination des textes et des thèses ont inclu ces deux auteurs dans la postmodernité. Un peu plus tard il parlera de champ social.

Son approche théorique peut se lire comme une injonction à changer, un appui pour le devenir autre, une visée éthique. Il développe cette approche dans un cours de intitulé Théorie des multiplicités chez Bergson. Il ne reprend pas le côté spirituel de Bergson: Notre culture, marquée par la science, a tendance à lier espace et durée. Cette manière de voir refuse les notions philosophiques négatives: Pour Deleuze, ce sont des fictions qui nient la vision différentielle du monde.

La différence, pour Deleuze, est interne au monde, elle est un processus, une différenciation virtuelle ou réelle actualisée. La durée reste une méthode pour appréhender le réel et devient ontologie. Dans une présentation de la philosophie de Deleuze, un commentateur reconnaît que ce concept peut poser problème: Cet interprète insiste sur la différence comme être. Il rappelle le mot même de Deleuze: Deleuze utilise des notions nouvelles et inhabituelles en philosophie: La ritournelle, par exemple: Elle fabrique du temps.

Comme la ritournelle, la déterritorialisation concerne le monde artistique et le champ social et politique. Pour Deleuze et Guattari, la question de la déterritorialisation est liée au fonctionnement même du capitalisme: La loi de la valeur quantifie et universalise. Les machines désirantes sont captées et intégrées au processus de marchandisation mondiale. Chez Deleuze et Guattari, le désir est défini comme production selon la perspective vitaliste propre à ces deux auteurs: Le modèle du rhizome est associé au nomadisme.

Dans le contexte des sociétés de contrôle, la différence vise la création. La critique permet de se débarrasser des mystifications, qui empoisonnent la vie comme la morale. La morale utilise des critères transcendants extérieurs à la vie: La philosophie de Deleuze encourage alors les possibilités de création pour vivre autrement. Pour lui, être de gauche est une affaire de perception: Donc, je peux dire, à la lettre: Deleuze écrit une philosophie de la puissance. Il se situe dans la continuité de Spinoza.

Gilles Deleuze a produit sa philosophie dans la postmodernité et pour la postmodernité. Pour lui, la philosophie est système, une philosophie de la création selon Arnaud Bouaniche. Un écho à la biopolitique de Foucault. Il nous reste à poser la question de savoir si Gilles Deleuze est un philosophe postmoderne. Le succès de la pensée de Deleuze est indéniable. Il a conquis les surfeurs, de nombreux artistes, beaucoup de militants politiques, des étudiants en philosophie et quelques professeurs.

Effectivement Gilles Deleuze a su nous parler. Et son message, si important, ne doit surtout pas rester aux mains des universitaires, des analystes et exégètes de tous poils: Ces machines interviennent dans tous les domaines de la vie.

Ces théories peuvent être utilisées de façon opposée: Nous avons déjà rencontré cet auteur avec sa critique de la raison et son éloge de la raison sensible. En continuité avec cette première rencontre, nous allons maintenant aborder sa sociologie.

Selon ses propres termes: Le local, parce que Maffesoli remarque: Dans les jungles de pierre que sont les mégapoles contemporaines, la tribu joue le rôle qui était le sien dans la jungle stricto sensu. Les identifications multiples, par contre, se multiplient. Devenir spiralesque du monde! Son analyse sur le tribalisme est surprenante. Il valorise les tentatives des humains dans le cadre contemporain, mais il accepte le cadre, il ne le conteste pas.

Il accompagne et interprète. Sa position correspond bien au modèle de Bauman sur les intellectuels postmodernes. Effectivement, Maffesoli se refuse à être un législateur. Maffesoli parle également du réenchantement du monde. Amour de ce monde-ci. Désintérêt pour les arrières-mondes possibles. Un situationisme généralisé en quelque sorte. Laissons là les certitudes compassées du bourgeoisisme finissant. La thématique du tragique est le vigoureux appel à penser le réenchantement du monde.

Selon ces auteurs, il existe deux types de critiques, la critique sociale et la critique artiste: La critique sociale a plutôt été portée par les syndicats et les courants politiques comme le socialisme et le communisme. Quant à la critique artiste, elle est rattachée à la révolte de Mai et aux diverses avant-gardes artistiques.

Un monde où la communication, la rapidité, la souplesse, la réactivité sont la règle. Il faut être capable de tirer parti de tout et ce dans toutes les situations. Nomadisme, adaptabilité sont des concepts parfaitement intégrés au système managérial. Cette évolution accentue la pression sur les salariés, les managers transfèrent sur leurs épaules le facteur risque.

Christophe Dejours a observé ce phénomène dans son livre Souffrance en France. Ce faisant, la domination, le rapport de violence réelle et symbolique lié au salariat est occulté. Ce livre nous explique comment le système capitaliste est capable de produire les conditions de possibilité de sa survie et de son renforcement.

Il a été contraint de quitter la Pologne communiste en lors des persécutions antisémites. Le lien de causalité est perçu comme diffus, voire complètement dissous. Il est plongé dans une certaine irréalité du temps confronté à des rencontres aléatoires. Pour lui, nous sommes dans un désordre mondial. Bauman analyse le déclin des États et leur multiplication selon la même causalité. Selon des chiffres de , la tendance est la même: Les flux les plus importants en valeur, les plus rapides, les plus fluides et les plus constants concernent les capitaux.

Chaque jour le volume des transactions sur le marché des changes est plus que 60 fois supérieur au volume journalier du commerce mondial.

Cette circulation est caractérisée par une unité de lieu: Dans ce cadre, il estime que la notion même de politique est problématique.

Cette analyse du rôle pénal des États est assez proche de celle de Loic Wacquant. Celui-ci parle des prisons de la misère et des choix de société qui ont choisi de punir les pauvres.

Pour Zygmunt Bauman, en particulier dans son livre sur Le coût humain de la mondialisation, nous sommes bel et bien pris dans une stratégie de la différentiation.

La survie dans les mégalopoles implique une séparation - exclusion. Ce constat est du même ordre que celui qui note un changement radical dans la façon de faire la guerre. Zygmunt Bauman revient sur la notion de panoptikon employée par Michel Foucault. Il explique que le panoptique était une machine de guerre contre la différence, contre la liberté de choix et contre la diversité.

Il analyse le développement des systèmes informatiques comme ce qui permet la mobilité à une certaine catégorie de population et oblige les autres à la fixité. Il synthétise cela en disant que les locaux regardent les mondiaux. Les pauvres sont nourris avec le spectacle des riches.

Le constat est confirmé par les chiffres concernants le temps passé à regarder la télévision. Les statistiques concernant le temps passé devant la télévision montrent que ce spectacle fonctionne bien: Il note trois thèses qui recouvrent idéologiquement ce phénomène. Le thème du danger est immédiatement associé à ces contrées, le besoin de forteresse est ainsi présenté pour se protéger de leur violence. Il faut toujours et sans arrêt mobiliser le consommateur.

La satisfaction est le malheur du consommateur et le capitalisme nous installe dans une perpétuelle tentation et la dépendance. Nous alternons consommation et insatisfaction pour le plus grand bien du capitalisme.

Pour lui, la consommation implique le mouvement permanent. La société actuelle nous laisse toujours insatisfaits pour mieux se perpétuer. Le nombre de personnes condamnées, emprisonnées augmente sans cesse. Le monde tend vers une dualité extrême: Dans un article publié par le journal Libération en , Zygmunt Bauman évoque Une planète pleine et sans espace. Nous sommes confrontés de nouveau au paradoxe de la postmodernité. Si la cause des difficultés est sociale, le changement doit être social.

Son livre sur les intellectuels est une critique de la décadence des intellectuels. Un libraire en résume le propos: La société postmoderne a fait du monde un marché au sein duquel les individus se sentent protégés des peurs extérieures et du vide social. Bauman évoque la vie en miettes pour décrire la postmodernité en La sociologie de Zygmunt Bauman nous transmet des analyses pessimistes, sans doute est-ce le prix de la lucidité. Eve Chiapello et Luc Boltanski nous ont expliqué comment les capitalistes et le management ont intégré la critique artiste pour se renforcer.

Bauman constate les effets du processus dans la postmodernité, un des résultats de son travail est le suivant: Il paraît en Ce qui situe les débuts de la postmodernité à la fin des années soixante-dix du XXe siècle. Les artistes en parlent les premiers, presque aussitôt suivis par un philosophe: Des sociologues abordent le sujet à la fin des années quatre-vingt, soit dix ans après et des psychanalystes constatent les effet psychiques environ cinq ans plus tard.

Au-delà des apparences classiques, hystérie ou névrose obsessionnelle, les blessures narcissiques, les risques de psychose, les symptômes psychosomatiques montrent tous une particulière difficulté à se représenter. Il publie successivement trois livres qui forment une suite. Ehrenberg propose de voir la dépression comme une pathologie du changement et non comme le résultat de la misère économique et sociale. Si la névrose est une maladie liée à la loi, à la culpabilité, au conflit, la dépression au contraire est fondamentalement associée à un déficit, à une insuffisance.

Le conflit qui règne au sein de tout être névrosé pourrait être un soutien de taille, un moteur pour le dépressif qui manque de tout. Pour pallier ce vide, de plus en plus de dépressifs recourent à la drogue, pour se donner une contenance contre ce vide omniprésent, ou pour fuir simplement leur dépression. Observant ce manque de conflictualité au sein de la dépression, Ehrenberg constate alors que le débat est passé à un autre niveau: Le mot psychose étant réservé aux affections les plus graves.

Les définitions classiques de ces maladies font partie du cursus scolaire. Un cours pour les étudiants en kinésithérapie nous propose de façon classique et un peu datée à la façon de Freud ces définitions au chapitre psychopathologie: La castration apparaît alors non plus comme une représentation symbolique mais comme une menace réelle. La proximité de la psychose est un des éléments constitutifs de la définition.

Les états-limites ont été apparentés tour à tour aux préschizophrénies, aux schizophrénies incipiens, aux déséquilibres et aux névroses atypiques, aux cas classiquement dénommées schizomanies, aux maladies du caractère ou même aux comportements pervers. Le DSM-3 nous dit ceci: Le DSM requiert au moins cinq des manifestations suivantes: Son article a pour titre Une psychanalyse postmoderne: Une idéologie qui conduit progressivement à exclure la notion de limites.

On passe toujours par les mots des autres, à commencer ceux de notre mère. La figure du père, ou de la personne qui en tient lieu, montre comment le désir est vivable. Ce qui explique que, quand il y a forclusion, la symbolisation ne fonctionne pas très bien.

Freud avait déjà expliqué que la civilisation humaine fonctionnait en appui sur cette limitation de jouissance: Chaque sujet est introduit, contraint et forcé, à ce mode de traitement par ces éducateurs naturels que sont les parents.

Le désir naissant de cet empêchement de base que je nomme traitement. En voulant faire des coups, le risque est de se retrouver avec une moins-value durable. Cela peut plomber pour longtemps la performance globale de votre portefeuille.

Par contre, si le dividende est versé en excès des profits ou si ceux-ci baissent chaque année, cela se reflétera dans le cours de bourse. Nous aurons ainsi une situation à la France Telecom. Elles peuvent paraître alléchantes, car elles ont des ratios de valorisation ou croissance plus avantageuses que les grosses capitalisations boursières. Mais il faut vraiment maîtriser son sujet et réaliser un travail important de due diligence.

Pour éviter ce biais, il faut cesser de voir la bourse comme un casino. Et de vous dire que vous possédez ainsi quelques m2 quand vous faîtes vos courses aux Quatres temps à La Défense? Oubliez définitivement la bourse-casino. Investissez alors dans des sociétés cotées solides et rentables dont vous êtes sûr de la valeur intrinsèque et du potentiel opérationnel. Merci pour cet article! Mais ça ne marche pas comme ça: Je me reconnais tout à fait dedans. Petit désaccord avec vous au sujet des small cap, oui certes les small cap son plus risqué mais on un potentiel plus élevé , il faut seulement compensée par un investissement a plus long therme … et une sélection rigoureuse.

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